Quâest-ce quâun EBF ?
Un nĂ©ophyte aura tendance Ă percevoir un cours dâeau comme un Ă©lĂ©ment fermement enracinĂ© dans le paysage Ă lâinstar dâune route par exemple. Or, un cours dâeau est une entitĂ© naturelle, et nâest pas statique.
Ainsi, le concept « dâespace de liberté » a Ă©tĂ© introduit pour la premiĂšre fois en 1981 pour apprĂ©hender lâaspect dynamique dâun cours dâeau. Â
La notion dâespace de libertĂ©, appelĂ© aussi espace de mobilitĂ©, nâa de sens que pour des cours dâeau Ă dynamiques fluviales actives. Cette notion peut ĂȘtre dĂ©finie comme la facultĂ© dâun cours dâeau Ă se dĂ©placer latĂ©ralement (Ă©rosion latĂ©rale) et Ă façonner le paysage en fonction des occurrences et de la rĂ©currence des crues.
Au dĂ©but des annĂ©es 2000, le concept « dâEspace de Bon Fonctionnement (EBF) » a Ă©mergĂ©.
Cette notion dâEBF, qui garantit le fonctionnement durable dâun cours dâeau et de son corridor alluvial, a progressivement Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©e. Elle prend en compte dâautres fonctions naturelles du cours dâeau qui ne relĂšvent pas seulement de lâespace de libertĂ© : les fonctions hydrauliques, biologiques, hydrogĂ©ologiques et biogĂ©ochimiques et correspond donc Ă la composante morphologique de lâEBF.
Pourquoi délimiter cet espace ?
Le besoin de dĂ©finir lâespace de fonctionnement sâest imposĂ© aux acteurs de la gestion locale de lâeau lorsquâils ont constatĂ© que pour restaurer « un bon fonctionnement », il fallait agir non seulement directement sur le lit actif du cours dâeau mais aussi sur son lit majeur et ses annexes.
Identifier un EBF, câest dĂ©finir un espace dans lequel pourront se dĂ©rouler sans contraintes les phĂ©nomĂšnes rĂ©sultant des principales fonctions de lâhydrosystĂšme. Il sâagit des fonctions liĂ©es Ă la morphologie (mobilitĂ© latĂ©rale, lâĂ©rosion/le dĂ©pĂŽt des matĂ©riaux alluvionnaires, la respiration du profil en long, la diversitĂ© et le renouvellement des habitats aquatiques, humides et terrestres âŠ), lâhydraulique (inondabilitĂ© dans les zones dâexpansion de crue, connectivitĂ© des milieux annexes âŠ), la biologie (support de biodiversitĂ©), lâhydrogĂ©ologie (relations nappe/riviĂšre, autoĂ©puration âŠ) et la biogĂ©ochimie (rĂŽle tampon des milieux rivulairesâŠ).
Recourir Ă la dĂ©limitation dâun espace de bon fonctionnement est bien souvent motivĂ© par le besoin dâapporter une solution durable Ă des dysfonctionnements du cours dâeau constatĂ©s de maniĂšre rĂ©currente par les riverains ou usagers.
LâEBF de lâĂygues
Le SMEA et ses partenaires se basent actuellement sur 2 études hydrogéomophologique :
-  « LâĂ©tude hydrogĂ©omophologuique du bassin versant aval de lâAygues, de la Meyne et du Rieu » rĂ©alisĂ©e en 2004 par CAREX en 2004,
- « LâĂ©tude hydrogĂ©omophologique du bassin versant amont de lâEygues » rĂ©alisĂ©e par CAREX et SIEE en 2004.
Ces Ă©tudes ont permis de dĂ©terminer les zones inondables des cours dâeau principaux du bassin versant de lâĂygues sur la base dâune analyse scientifique des reliefs et processus qui façonnent les plaines alluviales.Â
La dĂ©finition de lâEBF de lâĂygues et ses affluents â qui prend en compte non pas uniquement le relief mais toutes les fonctionnalitĂ©s du cours dâeau est donc nĂ©cessaire. Cela fera lâobjet dâune Ă©tude inscrite au futur Programme dâEtudes PrĂ©alables (PEP) qui sera portĂ©e par le SMEA et co-construite de façon partenariale avec les diffĂ©rents acteurs concernĂ©s.
Mis en place selon des procĂ©dures dâinstruction dĂ©finies par le code de lâenvironnement, lâEBF aura une portĂ©e rĂ©glementaire directe sur les espaces quâil dĂ©limitera.Â
Son pĂ©rimĂštre, ni ne se substituera ni ne remettra en cause les pĂ©rimĂštres rĂ©glementaires existants. Cette logique respecte lâesprit de la disposition qui est de ne pas ajouter une couche rĂ©glementaire et de ne pas crĂ©er de confusion lĂ oĂč une rĂ©glementation existe.
Un des bĂ©nĂ©fices essentiels est dâaider les porteurs de projet Ă concevoir des projets dâamĂ©nagement compatibles avec les objectifs de prĂ©servation de lâEBF dĂ©finis par les acteurs.Â
Cette « prise en compte » est prĂ©conisĂ©e en particulier dans le cadre de lâĂ©laboration des documents de planification (SCoT, PLU et PLUi). Par exemple, les choix de dĂ©veloppement des zones Ă urbaniser peuvent ĂȘtre diffĂ©rents selon que l’on se situe Ă proximitĂ© ou non de l’espace rĂ©servĂ© Ă la mobilitĂ© du cours d’eau.
De plus, dans les secteurs non-couverts par un PPRi, il alertera les acteurs et aménageurs sur les objectifs visés par les parties prenantes qui ont validé le périmÚtre.

