La gestion de crise est lâensemble des modes dâorganisations, des techniques, et des moyens (humains ou matĂ©riels) qui permettent Ă une organisation de se prĂ©parer et de faire face Ă la survenance dâune crise.
Lors dâune crise – selon la gravitĂ© et Ă©chelle de celle-ci – plusieurs acteurs activent leurs diffĂ©rents plans et/ou outils. Ceux-ci sâimbriquent et se complĂštent :Â
- ORSEC (Organisation de la RĂ©ponse de SĂ©curitĂ© Civile) portĂ© par lâEtatÂ
- PICS (Plan InterCommunal de Sauvegarde) porté par les Intercommunalités
- PCS (Plan Communal de Sauvegarde) porté par les communes
Dâautres plans, Ă lâĂ©chelle dâune activitĂ© Ă©conomique ou dâun bĂątiment existent :
- PPMS (Plan Particulier de Mise en Sécurité) porté par les établissements scolaires
- PGC (Plan de Gestion de Crise) porté par les entreprises
- PPI (Plan Particulier dâIntervention), disposition spĂ©cifique du Plan ORSEC, pour les risques industriels
En matiĂšre dâinondation, lâattribution de la compĂ©tence GEMAPI ne remet pas en cause les pouvoirs de police administrative que le maire tient de lâArticle L.2212-2 du 5 du CGCT.Â
Pour autant, en tant que gestionnaire de systĂšme dâendiguement et dâautoritĂ© compĂ©tente en matiĂšre de GEMAPI, le SMEA sert dâappui au maire et Ă la prĂ©fecture. Il doit dâailleurs rĂ©aliser un document dâorganisation qui dĂ©crit lâorganisation mise en place pour assurer la gestion, lâentretien et la surveillance du systĂšme dâendiguement qui prĂ©cise les venues dâeau possibles lors dâune crue et le niveau de protection dâun systĂšme dâendiguement.
Enfin, le SMEA par le biais du PAPI et de sa connaissance du risque inondation est un interlocuteur important lors de la rĂ©daction des PCS/PICS ou lors dâexercice de crue.
Les Plans Communaux de Sauvegarde (PCS)
Les Plans Communaux de Sauvegarde sont des dispositifs organisationnels rĂ©alisĂ©s par les services communaux afin de se prĂ©parer au mieux face Ă un Ă©vĂšnement naturel (inondation, sĂ©isme, glissement de terrainâŠ), technologique (rupture de barrage, accident de Transport de MatiĂšres Dangereuses (TMD)âŠ) ou autre (risque terroriste, pandĂ©mie).
Lâobjectif de ces dispositifs est principalement dâĂ©pauler les Ă©lus dans leur prise de dĂ©cision, et les Ă©quipes municipales dans lâaccomplissement de leur mission en temps de crise, en apportant des informations techniques et logistiques.
Si Ă lâorigine seules les communes couvertes par un Plan de PrĂ©vention des Risques Naturels dâinondation (PPRNi) avaient lâobligation de rĂ©aliser un PCS (ce qui concerne 18 communes du bassin versant), la loi Matras du 25 novembre 2021 est venue modifier ce champ dâapplication. DĂ©sormais, cette obligation est Ă©tendue aux communes exposĂ©es Ă dâautres risques naturels dont lâintensitĂ© ou la soudainetĂ© le rendent nĂ©cessaire.Â
Fermeture de route en cas de submersion (Photo : SMEA)
Par application de cette loi, la totalitĂ© des 64 communes du bassin versant se retrouvent dans lâobligation de concevoir leur PCS.
Fin 2024, 24 communes de notre territoire possédaient un PCS approuvé, dont 9 qui nécessitaient une révision. De plus, 4 communes sont en cours de rédaction de leur plan.
Afin quâil demeure opĂ©rationnel, ce plan doit ĂȘtre mis Ă jour rĂ©guliĂšrement (mises Ă jour dâinformations devenues obsolĂštes : annuaire de contacts, moyens rĂ©quisitionnables sur le territoire communal, etc) et rĂ©viser au maximum tous les 5 ans (avec dĂ©libĂ©ration du conseil municipal et envoi dâune copie Ă la prĂ©fecture).
Les exercices
Les exercices de simulation de crise sont essentiels au maintien de lâopĂ©rationnalitĂ© des diffĂ©rents plans de crise. Il existe plusieurs types dâexercices que lâon peut regrouper en deux catĂ©gories :
Les exercices sur table.
Ces exercices en salle peuvent servir Ă sâentraĂźner sur des points prĂ©cis du PCS (le Poste de Commandement Communal (PCC), les fiches actionsâŠ). Ceux-ci ne demandent pas de mobilisation de moyens humains sur le terrain et sont donc moins contraignant en termes dâorganisation. Si lâobjectif est de tester le contenu du PCS, le scĂ©nario jouĂ© essaie tout de mĂȘme de respecter au maximum les dĂ©lais dâun Ă©vĂšnement rĂ©el.
Ce type dâexercice est indispensable avant de vouloir effectuer un exercice terrain.
Les exercices plus généraux ou joués sur le terrain.
Suivant la volontĂ© de la commune, ces exercices peuvent Ă©galement avoir diffĂ©rentes envergures. Lâexercice le plus global implique des dĂ©lais en temps rĂ©el, des communications complĂštes, voire la participation dâhabitants ou de scolaires en tant que figurants. Ce type dâexercice est Ă©videmment le plus formateur pour les Ă©lus dĂ©cisionnaires, les Ă©quipes municipales et la population.
Peu importe le type dâexercice rĂ©alisĂ©, un Retour dâExpĂ©rience (RETEX) appuyĂ© par les remarques dâobservateurs prĂ©sents (Elus, agents techniques, Ă©lus de communes voisines, associationsâŠ) est indispensable afin de rendre compte des faiblesses et les points forts du dispositif. Si lâexercice est trĂšs formateur, le RETEX permet de pouvoir amĂ©liorer le document pour une meilleure gestion de crise Ă lâĂ©chelle communale.
FR-Alert
Mis en place depuis juin 2022 sur tout le territoire national, FR-Alert est un moyen dâalerte pilotĂ© par lâEtat. Il sert Ă avertir la population se trouvant dans un pĂ©rimĂštre gĂ©ographique prĂ©cis, dâun risque imminent (inondation, feu de forĂȘt, tempĂȘte, accident site industrielâŠ) et du bon comportement Ă adopter. Il se prĂ©sente sous la forme dâune notification (avec sonnerie intrusive) sur les smartphones des personnes qui se situent dans un pĂ©rimĂštre dĂ©fini au prĂ©alable par la prĂ©fecture Ă©mettrice.Â
Depuis son lancement, FR-Alert a Ă©tĂ© testĂ© lors de 230 exercices sur lâensemble des dĂ©partements français. Ces tests servent aux services de lâEtat pour sâapproprier le dispositif, lâamĂ©liorer mais Ă©galement acculturer le grand public.
Ce systĂšme est vouĂ© aujourd’hui Ă ĂȘtre de plus en plus utilisĂ©, comme en atteste le nombre croissant dâĂ©vĂšnement oĂč il a Ă©tĂ© dĂ©ployé :Â
25 fois entre juin 2022 et décembre 2023
22 fois lors de la seule année 2024.

